Choeurs historiques

Passer directement de “La Princesse des Glaces” à “l’Enfant Allemand” est un voyage temporel brutal. Dans le premier ouvrage de Camilla Läckberg, sa biographe-enquêtrice commençait à peine à flirter avec un policier amoureux transi. Sans transition - ou plutôt en ayant sauté les transitions - on les retrouve mariés, installés et munis d’une fillette d’un an. Le bébé est le véritable personnage central du livre, on peut trouver sa présence un peu envahissante - reflet des préoccupations de l’auteur ? - et son comportement un peu précoce. Autour de Patrik et Erica, les couples se sont faits et défaits. L’enfant allemant est un “livre choral” où toutes les intrigues avancent de pair ; les enquêtes sont menées en parallèle et les croisement nombreux. Le point de départ du roman est la découverte par l’héroïne d’une brassière de bébé tachée de sang et d’une croix de fer allemande. Parallèlement aux récits contemporains débute alors une histoire dans le passé, centrée sur la mère d’Erica Falk, décédée quatre ans plus tôt. Sa fille cherche à reconstituer son histoire et réveille ainsi les démons du passé où la deuxième guerre mondiale fait écho aux néo-nazis actuels.
L’auteur prend quelques libertés avec la vraissemblance mais on lui pardonne volontiers tant les personnages sont fouillés et attachants, pleins de faiblesses et de contradictions. En ce sens ils m’ont paru s’humaniser depuis le premier tome. Sans être un grand livre L’enfant allemand fait passer un agréable moment et donne envie de reconstituer les blancs à rebours jusqu’à La princesse des glaces.
Titre : Choeurs historiques